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Chronique04/02/2016 à 11:37

Genève 3, des discussions de paix, sans perspective

Genève 3, des discussions de paix, sans perspective

Pr. Khalifa Chater

Réussite symbolique ou plutôt formelle, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura,  a pu convaincre le gouvernement syrien et l'opposition à  entrer  dans un processus de discussions. Après plusieurs jours de valse hésitation, l'ONU a officiellement annoncé, lundi 1er février, le début des discussions de paix sur la Syrie à Genève.
Réussite symbolique ou plutôt formelle, l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura,  a pu convaincre le gouvernement syrien et l'opposition à  entrer  dans un processus de discussions. Après plusieurs jours de valse hésitation, l'ONU a officiellement annoncé, lundi 1er février, le début des discussions de paix sur la Syrie à Genève.

Les discussions indirectes entre régime et opposition sont censées enclencher un processus politique pour mettre fin à une guerre sanglante qui a fait plus de 260.000 morts et des millions de réfugiés en cinq ans. La résolution 2254, sur laquelle se baseront les pourparlers, prévoit un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les six mois et des élections dans les 18 mois. "L'échec est toujours possible", a reconnu mardi soir M. de Mistura sur la Radio Télévision Suisse. "Mais s'il y a un échec cette fois-ci, il n'y aura plus d'espoir", a-t-il mis en garde. En février 2014, déjà en Suisse, une première tentative de discussions a échoué.

Laborieusement mis en place par l'émissaire de l'ONU, les pourparlers de Genève, se sont engagés, sous forte pression internationale. Une entente préalable entre la Russie et les USA avaient créé un environnement favorable. Mais étaient-ils d'accord pour résoudre la crise ou plutôt pour la gérer, dans le cadre d'une stratégie d'attente, puisque le désaccord est évident entre les alliés du pouvoir et ceux de l'opposition. Nous en sommes encore aux préliminaires. L'opposition réclame avant toute discussion des mesures humanitaires.  Elle demande la libération de détenus et la levée des sièges d'une quinzaine de villes en Syrie, où, selon l'ONU, près de 500.000 personnes vivent en état de siège. Elle demande également  l'arrêt des raids du régime de Damas et de leur allié russe, qui mène depuis le 30 septembre 2015 en Syrie des frappes aériennes contre les groupes rebelles, "confortant de plus en plus" le pouvoir du président Bachar al-Assad. Quant à elle, la délégation gouvernementale demande des précisions sur "la nature des invitations" adressées à des opposants. Elle exige l'exclusion des instances de négociation des mouvements radicaux,  qui auraient des affinités avec al-Kaïda ou Daeche.  L'émissaire de l'ONU a pu obtenir l'accord de Damas à l'envoi de convois humanitaires dans les communautés assiégées.  Mais l'arrêt des raids semble exclu.

Peut-on, dans ce cas espérer une sortie de crise ? Au-delà des gestes apparents de bonne volonté et des concessions de circonstances, un désaccord essentiel oppose les protagonistes sur le gouvernement de transition, la participation ou nom du pouvoir actuel et la nature du régime. D'ailleurs les forces radicales exclues des débats, occupent des terrains importants, qui échapperaient à l'accord. Comment faire valoir le la nécessaire restauration des prérogatives de l'Etat-nation et son idéaltype de vivre ensemble, de tolérance et de l'égalité entre  toutes les composantes de la nation ?

P.S. : Suite à la suspension de la participation de l'opposition aux négociations indirectes, qui présente ses demandes humanitaires, comme condition Sine Qua None (conférence de presse de Riyad Hajeb, le coordinateur général, le 3 janvier 2016),  les discussions de paix ont été suspendues.  "J'ai pris la décision d'une pause temporaire, a déclaré l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura, qui venait de s'entretenir pendant plusieurs heures dans un hôtel genevois avec les responsables de l'opposition syrienne." J'ai déjà fixé une date pour les prochaines discussions, le 25 février", a ajouté le diplomate onusien, répétant: "ce n'est pas la fin. Ce n'est pas l'échec des pourparlers", en assurant que les deux parties "voulaient voir démarrer un processus politique".

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