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Chronique24/02/2016 à 12:42

Turquie, les effets du nouveau paradigme …!

Turquie, les effets du nouveau paradigme  …!

Pr. Khalifa Chater

 L’Empire ottoman, occupait à  son apogée militaire, au XVIIe siècle, le quart du territoire européen, jusqu’aux portes de Vienne. Outre le Moyen-Orient, il  intégrait dans son empire, plusieurs peuples européens : les Grecs, les Serbes, les Bulgares, les Albanais, les Roumains et bien d’autres. Le mouvement des nationalités et des indépendances, qui se déclencha contre son emprise, suscita un rétrécissement de son territoire et une dévalorisation de son statut.

À la fin du XIXe, on appelait la Turquie, l’« homme malade de l’Europe». Avec l'indépendance de l'Algérie, de la Tunisie et de l'Egypte, qui bénéficiaient d'une autonomie de fait, la perte de la Libye (1911) et des derniers territoires détenus dans les Balkans (Albanie, Macédoine, Thrace), l'empire ottoman était réduit à l’Anatolie, le Proche Orient arabe et les côtes de la péninsule arabique avec les lieux saints. En réaction, les Jeunes Turcs s’orientèrent vers un panturquisme de promotion de leur identité. Conséquence de leur entrée en guerre, fin 1914, avec les empires centraux (Allemagne, Autriche-Hongrie), le Royaume Uni  déclencha contre eux, le mouvement de la révolte arabe et  imposa, avec la connivence de la France, les accords secrets signés de Sykes-Picot, le 16 mai 1916, prévoyant le partage du Proche-Orient à la fin de la guerre La Turquie vaincue de 1919, devait échapper au dépeçage colonial grâce au génie de Mustapha Kemal. Ce grand leader moderniste supprima le califat et institua la république. Par la suite, il déplace la capitale d’Istanbul à Ankara et occidentalise le pays à travers plusieurs réformes. Il inscrit notamment, la laïcité dans la Constitution turque, donne le droit de vote aux femmes et remplace l’alphabet arabe par l’alphabet latin. Sous sa présidence autoritaire, dotée d'un parti unique, la Turquie a mené une révolution sociale sans précédent, qu’on appelle généralement « révolution kémaliste». Les successeurs de Kamel Atatürk sauvegardent son projet de société et intègrent l'Establishment international, en adhérant dés 1952, à l'Otan. Mais la guerre de Chypre atteste qu'ils gardent leur liberté de manœuvre. La prise du pouvoir par le Parti de la justice et du développement ou AKP devait changer la donne. Le succès électoral de l'AKP aux législatives de juin 2011 (et la mise au pas de l'armée – gardienne autoproclamée, depuis plusieurs décennies, de ladite laïcité – suscitent des remous. L'AKP participe  à la construction d'une identité islamique, teintée de nostalgie ottomane. Certains s'inquiètent d'une remise en cause à peine voilée de la laïcité, principe fondateur de la République moderne fondée en 1923 par Mustafa Kemal Atatürk. Indulgents, des analystes occidentaux estiment que "les déclarations d'Erdogan sur l'éducation sont pour lui un motif de campagne visant à consolider l'électorat de l'AKP, qu'il conçoit comme une force politique dominante sur plusieurs décennies (opinion de Dorothée Schmid," L'AKP cherche-t-il à islamiser la société turque ?", le Monde, 22 février 2016). L'analyste reconnait cependant que  "la société turque, assez conservatrice, donne des signes de réorganisation des valeurs autour d'un cœur religieux capable de fournir, une morale publique de remplacement au kémalisme". Des opposants estiment que Recep Tayyip Erdogan n'a pas abandonné son "agenda caché", sorte de projet secret visant à imposer un islam hégémonique, par le biais de réseaux politiques puissants. Il partage d'ailleurs l'idéologie de son concurrent  Fethullah Gülen, influent imam exilé aux Etats-Unis que ses opposants n'hésitent pas à qualifier de "Khomeyni turc" (ibid).  Par leur ampleur, la nature de leurs revendications et les violences policières qui leur ont été opposées, les événements de Gezi, mouvement protestataire de 2013,  ont été comparées au printemps arabe, au mouvement des Indignés, ou encore à Mai 68. Grand tournant dans l'histoire récente de la Turquie, il exprime "la volonté de la jeunesse de participer pleinement au monde contemporain" et affirme "un choix de la modernité contre l'ultra-conservatisme prôné par le gouvernement" (Nedim Gürsel, "L'idéologie totalitaire et apocalyptique", Le monde.fr, 29 mars 2016).  C'est en réalité la politique externe, qui définit davantage le nouveau régime turc. Prenant ses distances d'Israël et bloquant provisoirement ses relations avec cet Etat, se rapprochant du régime de Gaza et faisant valoir ses alliances avec Qatar et l'Arabie Saoudite,  il définit son nouveau jeu de rôle, par ses choix d'alliances dans l'aire arabe.  Peut-on parler d'un "néo-ottomanisme" ? Son implication avec la résistance islamique en Syrie, son opposition à l'intervention de la Russie, sur scène et même sa transgression de l'allié américain, plus enclin à la prudence, attestent son choix de société et ses alliances, en conséquences. Puissance régionale incontestable, la Turquie veut s'ériger en grand acteur dans la région, adoptant une attitude critique vis-à-vis de l'Egypte et de concurrence avec l'Iran. Mais sa mise en hors jeu de sa composante kurde, par ses choix intérieurs, remettent en cause sa sécurité.  L'attentat  du 17 février,  à Ankara, attribué au Kurdes, a fait 28 morts. La Turquie, accuse le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les milices kurdes de Syrie d'avoir perpétré cet attentat.  Il y a à peine quatre mois, Ankara avait déjà été visée par un attentat suicide qui avait fait 103 morts, attribué cette fois par les autorités au groupe Etat islamique (EI). Après deux ans de cessez-le-feu, des affrontements meurtriers ont repris l'été dernier entre les forces de sécurité et le PKK dans le sud-est à majorité kurde du pays. Cette donne pourrait fragiliser le jeu de rôle de la puissance turque. 

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