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Chronique30/07/2018 à 09:05

Youssef Chahed et le vote de samedi

Youssef Chahed et le vote de samedi

Par Mansour M’henni

Samedi 28-7-2018, Youssef Chahed s’est tiré, haut la main, d’un vote de confiance pour son ministre de l’Intérieur proposé, Hichem Fourati, alors que plusieurs personnes, et même des sensibilités politiques en bloc, le donnaient perdant et donc dans le « devoir » (quel devoir ?) de présenter sa démission. De fait, en politique, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, et le président du gouvernement semble donner la preuve qu’il n’est pas né de la dernière étoile, malgré son âge politique et son âge réel.

Youssef Chahed aurait été propulsé par un élan fulgurant que lui avait donné le Président de la République, Béji Caïd Essebsi, et plusieurs commentateurs qui lui sont opposés, n’arrêtent pas de lui reprocher tout acte autonome, même conforme à ses prérogatives constitutionnelles, sous prétexte qu’il devrait en référer d’abord au Président de la République. Ce n’est, semble-t-il, que de la surenchère, surtout de la part de ceux qui paraissent avoir une dent contre le président du Gouvernement, ceux des opposants classiques et même certains de sa famille politique.

En vérité, savoir gérer en indépendance, dans le respect des formes, est peut-être la meilleure preuve pour Y. Chahed qu’il est – théoriquement – à la hauteur de la confiance du Président de la République et même du peuple tunisien, à moins qu’un jour, ce peuple ne décide de changer son régime politique et d’opter pour le régime présidentiel, étant entendu que tout régime a ses qualités et ses défauts.

Revenons à ce  fameux samedi du vote de confiance, et évitons de nous concentrer sur la farce tragi-comique de la première députée à prendre la parole qui, bien que lisant un texte épidictique qu’on a dû lui écrire, n’a pas eu la présence d’esprit et n’a pas pris la précaution d’y ajouter les signes diacritiques nécessaires à une prononciation correcte pour les usagers occasionnels de l’arabe classique ; elle se serait épargné dans ce cas le ridicule qui l’a couverte dans tout le pays.

La première remarque importante à relever, c’est que le discours de l’opposition n’est apparemment pas près de changer, surtout pour le mieux ! En effet, la même rengaine est toujours conduite sur la base de slogans laissant imaginer peu de solutions pratiques à la crise générale que vit la Tunisie depuis 2011, et confirmant la conviction, de plus en plus partagée, que l’opposition se refuse à toute proposition critique à valeur constructive et se complaît plutôt dans un néo-professionnalisme de l’opposition pour l’opposition. Pire encore, son discours est marqué par un langage de dépit porté jusqu’à une vraie rancœur et une désolante vulgarité, manquant à toutes les règles du respect qui est la condition première d’une vraie démocratie.

La deuxième remarque est celle ayant trait à une vraie incohérence au sein même de certains partis, au pouvoir ou y prétendant fermement. En effet, on a eu droit à des députés d’un même parti, développant chacun, au nom du même parti, des positions contraires à l’égard du vote programmé. Le cas le plus flagrant est, à la fin, celui de Nidaa Tounès dont il paraît urgent de revoir la structure, l’assise de référence et les modes de fonctionnement. Pire encore, certains de ses députés, censés donner un exemple du respect des institutions et de leurs représentants officiels, ont été victimes, eux aussi, de la saignée d’insultes, à peine voilées, contre un chef de gouvernement censé être encore l’enfant de leur famille politique.

D’un côté comme de l’autre, dans l’opposition ou dans le pouvoir, si l’on croit pouvoir descendre un adversaire politique à coups d’insultes et de manque de respect, on se trompe et on ne ferait ainsi que le renforcer dans une image de dignité et de fermeté que ses adversaires n’auraient pas. Franchement, sans être d’un quelconque parti et sans prendre parti pour ou contre quelqu’un, il semble attesté, de ce point de vue, que Youssef Chahed est largement plus politique que la plupart de ses dénigreurs irrespectueux. Car à la fin, au-delà du buzz qui pourrait accompagner les insultes et les provocations irrespectueuses, juste pour peu de temps, le temps d’un buzz justement, ce que veulent les Tunisiens, c’est une assemblée des représentants du peuple qui soit une vraie école du vivre-ensemble en démocratie. En suivant les travaux et les propos de cette assemblée, la génération des jeunes apprendrait les règles du respect réciproque malgré les différences et les divergences, autant dire grâce à ces différences et à ces divergences. Elle comprendrait alors que la vraie démocratie n’est pas la rhétorique polémique, comme on le croit souvent, mais l’éthique et l’esprit de conversation qui devraient œuvrer à faire converger les éléments du divers vers la concordance de choix partagés, fussent-ils provisoires, et de faire que le pouvoir soit davantage au service de l’ensemble qu’une obsession maladive rongeant le cœur et l’esprit de chacun des acteurs politiques.

Et le mot « Acteur » est bien de propos dans ce contexte.

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