| Syrie : les manifestations s'étendent à Damas et Alep |
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![]() Abdelmadjid Abdeli, professeur de relations étrangères:
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Plusieurs quartiers de Damas et Alep, deuxième ville de Syrie, étaient secoués vendredi par des manifestations inédites, se joignant aux dizaines de milliers de personnes à travers le pays pour réclamer la chute du régime, qui s'acharnait contre la ville rebelle de Homs. 27 civils sont morts vendredi.
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C'est désormais au tour de Damas et d'Alep, des villes jusqu'à présent peu impliquées dans les manifestations anti-régime, de donner de la voix contre Bachar Al Assad. Et d'essuyer des tirs. A Damas, les forces du régime ont à nouveau tiré sur les manifestants en ce "Vendredi de la résistance populaire", faisant au moins deux morts, dont un enfant, et une dizaine de blessés dans le quartier de Mazzé.
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"C'est la première fois que les manifestations s'étendent aux quartiers chics", a affirmé Moaz Chami, des Comités locaux de coordination -qui chapeautent la contestation sur le terrain-, sans préciser le nombre de manifestants. La ville d'Alep a également été mobilisée dans au moins 12 quartiers, ainsi qu'en province. "Liberté pour toujours, que tu le veuilles ou pas Bachar", criaient les habitants dans la localité de Kallassa.
Les militants anti-régime avaient appelé à entamer une "nouvelle étape" dans leur action et "ne plus rester les bras croisés" face à la répression de la révolte qui a coûté la vie à plusieurs milliers de personnes depuis mars 2011.
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27 morts civils
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Les violences ont fait au total 27 morts civils vendredi, dont 13 dans le quartier de Baba Amr à Homs, ville-martyr, touché par le bombardement le plus violent depuis deux semaines, selon des militants sur place. "C'est d'une violence extrême, on n'a jamais connu ça. C'est en moyenne quatre roquettes tirées par minute", a affirmé Hadi Abdallah, membre de la Commission générale de la révolution syrienne. "Il y a eu 1.800 blessés en deux semaines", a rapporté le docteur al-Hazzouri à Baba Amr, joint par l'AFP via Skype, évoquant des blessés "qui souffrent en attendant la mort". Des militants dénoncent régulièrement une crise humanitaire à Homs, dont plusieurs quartiers manquent de vivres et d'aide médicale et peinent à communiquer avec le monde extérieur.
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Le nouveau pilonnage de Baba Amr intervient au lendemain de l'adoption par l'Assemblée générale de l'ONU à une écrasante majorité d'une résolution dénonçant la répression et soutenant un plan arabe appelant au départ du président Assad. Mais ce texte a une portée essentiellement symbolique, les membres l'Assemblée ne disposant pas du droit de veto comme ceux du Conseil de sécurité, où Moscou et Pékin, alliées de Damas, ont bloqué déjà deux résolutions. "Nous n'accepterons pas qu'un dictateur puisse massacrer son peuple", a rappelé le président Nicolas Sarkozy lors d'une conférence de presse à Paris avec David Cameron qui a appelé à "mettre au maximum Bachar al-Assad sous pression (...) pour qu'il arrête la boucherie actuellement en cours".
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Un journaliste du New York Times décède
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Mais à Damas, quelques jours après l'annonce d'un référendum la semaine prochaine sur un projet de nouvelle Constitution ouvrant la voie au multipartisme, Bachar Al Assad parlait toujours de réformes, qui doivent être concomitantes avec "le retour au calme", a-t-il dit au Premier ministre mauritanien Moulaye Ould Mohamed Laghdaf. Dans le même temps, des divergences apparaissaient au sein de l'Union européenne qui pourrait revoir ses ambitions de durcir les sanctions contre le régime, selon des sources diplomatiques.
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L'UE a en outre réclamé la "libération immédiate" de deux figures de la révolte, le journaliste Mazen Darwich et la blogueuse Razan Ghazzawi, et des autres défenseurs des droits de l'Homme arrêtés jeudi, ainsi que de tous les "prisonniers politiques" en Syrie. Un autre journaliste, Anthony Shadid du New York Times, est décédé jeudi, apparemment des suites d'une crise d'asthme lors d'un reportage clandestin en Syrie, a annoncé le quotidien américain.
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