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Chronique28/07/2026 à 08:23

Penser le redressement des choses pour fêter la République

Penser le redressement des choses pour fêter la République

Par Mansour M’henni

J’ai souvent consacré ma chronique à la date symbolique qui coïncide avec sa publication, exactement ou à quelques jours près. Autour du 25 juillet, c’est toujours la République qui s’y inscrit et se développe avec les questions d’actualité et les sentiments du vécu. Je me souviens avoir exprimé ici même, le 25 juillet 2020, l’inquiétude et l’espoir d’un moment de grande attente face à l’incertitude : « Ce week-end de la fête de la République est crucial, tranchant, doublement grave parce que les Tunisiens auront les yeux et les cœurs fixés sur le Palais de Carthage, avec une haute idée de Carthage, celle d’une Grande Tunisie pareille au Phénix, capable de renaître des cendres que ses ennemis, trop naïfs, voudraient croire siennes. »

L’année d’après, deux jours après le 25 juillet 2021 et le changement du mode de gouvernance, je continuais comme dans une suite logique : « Les citoyens, dignes de ce nom et l’assumant en tout engagement, doivent se prémunir de l’espoir nécessaire et de la défiance requise pour empêcher tout dérapage de l’opération, ni vers la violence et l’anarchie annoncées par certains, ni vers le culte de la personnalité et la main mise incontrôlable sur tous les pouvoirs de l’Etat. Ils ont en effet assez fait l’expérience de la société fermée pour ne pas se laisser prendre à ses attraits fallacieux ; mais ils ont aussi fait l’expérience récente d’une liberté irresponsable qui a fini par souiller l’éthique du vivre-ensemble et par désorganiser la gouvernance transparente, juste et sincère, non soumise aux lobbies de tous genres. »

Aujourd’hui, pour la même date commémorée, je ne crois pas avoir à dire plus en bonne âme et conscience d’une citoyenneté engagée. Je ne saurais cependant m’interdire de chuchoter à qui veut bien m’écouter que nous continuons de faire du surplace : à nous accuser les uns les autres de tout ce qui peut nous opposer, insensibles à tout ce qui nous appelle à réunir. Je dis « nous » pour ne pas m’épargner moi-même, mais aussi pour ne pas m’aligner d’un côté plutôt qu’un autre, dans toutes les petites guerres à même de causer de grandes catastrophes.

Et voilà que la nature ou des intentions malveillantes, voire des mains coupables, nous en ont donné encore l’occasion par une pénurie invivable de l’eau et de l’électricité ! A-t-elle été convenablement et justement gérée ? On ne peut pas y répondre fermement faute de données suffisantes et faute surtout d’une sérénité intelligente aidant à mieux interroger les effets et les causes.

Voilà que le football s’en est mêlé ainsi que la diplomatie et les relations de voisinage ! Bref, tout ce qu’il faut pour faire perdurer les rapports anti conversationnels et pour œuvrer dangereusement à mater l’esprit de communauté qui fait le ciment de toute société !

Le responsable ? Nous sommes tous responsables : parlons-en et nous en serons convaincus. Dans tous les cadres à même de favoriser la conversation à ce propos. A mon sens, le cadre associatif, autant et peut-être plus et mieux que d’autres cadres. Je l’avais souligné ce 27 juillet 2021 : « Quand l’Etat se meurt, c’est la société civile qui lui insuffle l’oxygène revivifiant. » Je le redis encore face à toutes les démarches et les décisions arbitraires conduisant à l’assassinat des associations, surtout les associations culturelles et intellectuelles. Pourvu qu’on repense tout cela dans l’esprit d’un redressement des choses !

Economique Jawhara FM

jmc
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