Crise énergétique et responsabilité citoyenne

Par Mansour M’henni
Un de ces jours où notre pays endurait une lourde chaleur, aggravée par des coupures peu étudiées du courant électrique de la STEG et de l’eau « potable » (?) de la SONEDE, j’ai répondu à l’invitation d’un ami pour aller regarder chez lui un match de la Coupe du Monde de la FIFA et profiter de l’occasion pour échanger diverses informations et opinions allant de « la pluie au beau temps ».
La conversation de l’avant-match a porté sur les scandaleuses injustices assumées par la FIFA, lésant certaines équipes et blessant la dignité de leurs pays et de leurs peuples. Elle a continué, à ce sujet, jusqu’à la mi-temps, qui a été marquée par la coupure du courant électrique. Mon ami a donc précisé que cela allait durer le temps de la pause et le courant devait revenir avec le début de la seconde mi-temps. Ce fut alors l’occasion de réorienter la conversation sur la question des coupures du courant et de l’électricité dans notre pays, en cette année où cette mesure est conduite dans l’irrespect absolu des droits du citoyen, au moins à l’information précise et à une gestion étudiée des coupures obligées de façon à les répartir équitablement entre les régions, les villes et les catégories citoyennes.
Quant à l’eau, la conviction semblait ferme chez mon ami et les siens : il s’agirait d’une stratégie étudiée pour servir les intérêts des sociétés de vente et de distribution de l’eau dite encore « minérale » malgré le doute généralisé installé dans l’esprit des consommateurs quant à ce caractère vraiment « minéral ».
J’avoue avoir consenti à la plupart des reproches faits aux gestionnaires de la distribution de l’eau et de l’électricité, surtout que cela semble coïncider avec un débordement affectant les administrations concernées et occasionnant des peines et des préjudices financiers aux consommateurs à cause d’un manque flagrant de personnels dans les administrations concernées. Cette question de la gestion du personnel est éternelle et nécessite une étude approfondie pour en saisir les effets et les causes. Donc, de fait, il y a effectivement une mauvaise gestion ou un manque de coordination dont l’administration tunisienne, qu’on vantait comme l’une des meilleures, est gravement atteinte et cela est douloureusement ressenti par le citoyen. Toutefois, je me suis senti dans le besoin de poser une question à mes compagnons du spectacle du match : « Sommes-nous en train de rationaliser notre consommation personnelle en eau et en électricité pour aider à dépasser ce moment de crise ? Sommes-nous en train de faire fonctionner nos climatiseurs à 26° comme on nous le conseille et à limiter le fonctionnement des climatiseurs juste au temps qu’il faut pour éviter l’excès de chaleur ? Sommes-nous en train de veiller à éteindre les machines ou les lampes inutilisées pour économiser ne serait-ce qu’une petite part de la consommation ? Est-il vraiment de bon conseil de faire fonctionner en même temps le climatiseur et les ventilateurs pour se sentir confortablement au frais ? Cela ne semblait pas tellement interpeller mes compagnons qui sont de plus en plus attentifs aux aiguilles de l’horloge accrochée au mur du salon.
Entre-temps la seconde mi-temps a repris et le courant électrique n’est pas rétabli. La discussion s’est donc recentrée sur l’irrespect du citoyen qu’on prive cyniquement de suivre un événement international de la plus grande importance, bien que sa périodicité soit de quatre ans. C’est malheureusement vrai ! Il faut le reconnaître. Mais il y a un malentendu sociétal, par manque de communication conversationnelle entre les citoyens et les responsables de la gestion des affaires de l’État. Il conviendrait de vite y remédier.











