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Chronique16/01/2020 à 10:32

14 janvier neuf ans après, que de questions !

14 janvier neuf ans après, que de questions !

Par Mansour M’henni

Il paraît que le 14 janvier perd, chaque année, un peu plus de sa dimension festive, par manque de foi en son apport, surtout en matière d’économie et d’acquis sociaux. 

D’autant plus que, pour la symbolique qu’il représente, il a un autre rival qui prend plus ou moins de poids en fonction des décideurs en place, en l’occurrence le 17 décembre. Ce dernier est, pour les uns, l’étincelle incendiaire qui avait permis à la révolution de prendre ; pour d’autres, c’est un jour qu’il serait hasardeux de fêter puisque cela consacrerait l’instinct de mort contre l’instinct de vie et le suicide contre la survie.

Me trouvant à l’étranger, le 14 janvier de cette année, je n’ai pas échappé à l’habitude de laisser défiler dans ma tête des réflexions et des questions à même de m’aider à comprendre la situation où est mon pays aujourd’hui. Pour se faire, fidèle à mon amitié et à ma complicité avec les livres, j’ai cherché à m’arrêter à certains passages de mes lectures en cours pour me demander à quel point ces citations rendent ou non compte des épreuves endurées par ma patrie.

Un livre qui s’interroge sur ce qu’est la démocratie note ceci : « Les révolutions ont souvent voulu sauver la démocratie contre ses ennemis ; mais elles ont enfanté des régimes antirévolutionnaires en concentrant le pouvoir, en appelant à l’unité nationale et à l’unanimité de l’engagement, en dénonçant des adversaires avec lesquels la cohabitation était jugée impossible, car ils étaient considérés comme des traîtres plutôt que comme des porteurs d’intérêts ou d’idées différentes. »

Y a-t-il là un aveu du caractère caduc d’une certaine idée de la révolution ou de tout esprit de révolution ? La citation ci-dessus me paraît traduire fidèlement la situation actuelle en Tunisie. On n’est donc pas vraiment dans une quelconque exception toujours réaffirmée comme un prétexte à tout échec. Cela m’a paru coïncider avec la déclaration d’un long militant de gauche pour la circonstance : « En Tunisie, on aurait pu faire l’économie de la révolution ».

On a beau nous chanter le refrain de la liberté d’expression comme un acquis d’une inestimable valeur, on se doit d’ajouter que cette valeur dépend de la façon dont la liberté en question est exploitée. A la manière dont nous la gérons, ou dont elle nous gère, elle paraît plutôt relever de la farce dans les espaces politiques et médiatiques. Pour rien, on ne saurait affirmer catégoriquement qu’elle est au service de la démocratie. Encore faut-il s’entendre d’ailleurs de quelle démocratie nous parlons et laquelle nous voudrions.

C’est là qu’une autre citation m’arrête : «La démocratie […] peut être détruite, soit à partir du haut, par un pouvoir autoritaire, soit à partir du bas, par le chaos, la violence et la guerre civile, soit à partir d’elle-même, par le contrôle exercé sur le pouvoir par des oligarchies ou par des partis qui accumulent des ressources économiques ou politiques pour imposer leurs choix à des oligarchies ou par des partis qui accumulent des ressources économiques ou politiques pour imposer leurs choix à des citoyens réduits au rôle d’électeurs. »

Oh ! Que c’est vrai, ce qu’on lit là. Regardons autour de nous. Ne voyons-nous pas que ces trois schémas de la destruction de la démocratie sont fonctionnels et en même temps, alors que cette démocratie ne s’est même pas construite ? Et pour nous voiler ce mal qui nous ronge, tous nos responsables politiques, avec tout ce qui les oppose, n’arrêtent pas de nous prendre à témoins pour se justifier du « bien-fondé » de leur façon d’être et de faire, dont nous ne cueillons que désolation et perdition. Ils ignorent peut-être, ou font semblant, que nous sommes au su de leur stratégie, commentée dans le livre que je lisais : «L’appel à la masse et même au peuple a trop constamment été le langage des despotes pour ne pas nous faire horreur. » J’ajouterai que le despote n’est pas seulement celui qui use de la tyrannie quand il est au pouvoir, c’est aussi celui dont le langage est d’un despotisme latent, sous couvert de démagogie aux couleurs pseudo-démocratiques.

Que faire alors ? Une action s’impose sûrement et doit prendre le temps qu’il faut, celle visant à faire de la démocratie une culture plus qu’une revendication politique. Pour cela, il nous faudra relire Rousseau et ses Ecrits politiques : « Vous aurez tout si vous formez des citoyens, sans cela vous aurez de méchants esclaves, à commencer par les chefs de l’Etat. Or former les citoyens n’est pas l’affaire d’un jour, et pour les avoir hommes, il faut les instruire enfants. »

Rappelez-vous ce qu’avait dit un jour Abdelfettah Mourou à Wajdi Ghnim. Il savait de quoi il parlait, mais ce jour-là, il en usait pour tout autre chose qu’une vraie démocratie.

jmc
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