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Chronique24/09/2018 à 09:48

Après Nabeul, retour sur la question de solidarité

Après Nabeul, retour sur la question de solidarité

Par Mansour M’henni


A chaque malheur, plusieurs voix se lèvent pour reparler de la solidarité et de son importance dans la vie des sociétés.

Cela est certes louable, en soi, encore faut-il ne pas en faire juste un prétexte pour redynamiser les tiraillements idéologiques et les calculs politiques, parfois machiavéliquement opportunistes. Le désastre vécu et observé dernièrement, lors de pluies exceptionnellement diluviennes, surtout dans le gouvernorat de Nabeul, a confirmé de nouveau cette tendance à trop politiser les questions d’humanité, au mauvais moment.

Les dégâts de toutes natures à Nabeul et ses environs et, plus triste encore, les pertes en vies humaines sont désolants, et franchement révoltants de certains points de vue, même si la fatalité et/ou la nature y sont pour beaucoup. Mais il y a sûrement des défaillances humaines aussi dans ce qui est arrivé, celles liées à la rapidité de la décision et de la réaction, en temps et lieux opportuns, en plus de la prévision et de la prévention, et également celles dues à des manquements, partiels ou absolus, au sens de l’éthique et de la responsabilité citoyennes, datant de quelques années. Par conséquent, des évaluations sont nécessaires et des décisions radicales doivent en découler ; cependant, cela devrait se faire en dehors des tensions et des sentiments spontanés face à la douleur et au malheur de nos semblables. C’est alors, en ces temps de l’évaluation sereine, que les discussions et les arguments pourraient prendre une tournure politique, à coup de visions différenciées et d’objectifs caractérisés. Aujourd’hui, toute politisation du malheur est cynique et arrogante, d’où et de qui qu’elle vienne.

C’est dans cet ordre d’idées que le concept de solidarité évoqué dans la situation présente nous paraît susciter certaines mises au point importantes. Pour faire plus simple, disons qu’il y en gros trois manifestations évidentes du concept de solidarité.

Il y a la solidarité de marché, autrement dit la solidarité politisée dont la rhétorique se développe amplement autour de valeurs qu’on saisit peu, à la pratique quotidienne, chez leurs chantres et dont l’évocation n’est à l’évidence qu’un moyen de manipuler l’opinion publique pour atteindre un adversaire dans son image politique.

Il y a aussi la solidarité qui porte l’habit de la religion ! Celle-là n’est pas solidaire, elle est charitable. Oui, la charité n’est pas la solidarité, car elle est parfois motivée par l’autosatisfaction de se sentir supérieur (la main haute et la main basse !), et dans ce cas elle est narcissique et autrement viciée. Elle est cependant souvent foncièrement religieuse, motivée soit par une obéissance à Dieu, soit par l’attente d’une récompense promise. Dans les deux cas de figure, elle ne doit pas user de la monstration (certains en abusent), car Dieu a recommandé la discrétion dans l’acte charitable, à la fois par respect pour la dignité de celui qui en bénéficie, mais aussi pour en faire un acte de piété profonde, étrangère à tout calcul : « Si vous faites ouvertement vos charités, c’est bien ; et si vous les gardez secrètes et que vous les donniez aux pauvres, c’est encore mieux pour vous car cela rachètera une partie de vos péchés. Et Allah est, de ce que vous faites, parfaitement informé. » (Al-Baqarah, 271 / traduction de Nébil Radhouane, avec toute notre compassion en ces moments où il connaît de sérieux problèmes de santé !). Raison pour laquelle, d’ailleurs, il y a lieu de revoir et de réorganiser la charité associative qui se fait au nom de Dieu et qui, d’un certain point de vue, rejoint la « solidarité politisée ».

En effet, la solidarité est citoyenne ou elle n’est pas, c’est pourquoi elle doit relever de l’action civile, et davantage pour les associations (qui sont des composantes de la société civile) que pour d’autres structures de l’action sociale. La solidarité citoyenne est mue par la conscience que chaque citoyen est responsable de tous les autres citoyens, dans cette structure horizontalement tressée et interactive des rapports de citoyenneté. Elle n’est pas de circonstance, mais intégrée dans l’être et le faire de chacun à chaque instant. Elle s’exprime de différentes façons et n’a pas que son aspect de don matériel, malgré l’importance parfois de ce dernier. Elle n’est pas étrangère au respect, qui peut constituer un autre mode de sa manifestation.

Pensons-y de plus près, en nous disant surtout que la solidarité et le respect sont sans doute les deux piliers essentiels d’une culture fondatrice de ce qu’on appelle une société solidaire.

Economique Jawhara FM

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