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Chronique03/08/2020 à 15:27

Bourguiba et ses successeurs entre la parole et l’action

Bourguiba et ses successeurs entre la parole et l’action

Par Mansour M’henni

Aujourd’hui, en ce lundi 3 août 2020, jour du 117° anniversaire de feu Habib Bourguiba, l’image du « Combattant Suprême » retient mon imagination et agite mes pensées.

J’ai plusieurs fois écrit la présence en moi, en mon affect et mon intellect, de l’effet Bourguiba : depuis les commentaires de feu mon père exprimant sa désolation et sa déception face au conflit des deux principaux leaders politiques, Bourguiba et Ben Youssef, jusqu’au décès du premier président de notre République, un jour que j’étais en Italie invité d’une manifestation universitaire et culturelle, ce jour qui aura inauguré un surplus d’affection pour celui au pouvoir duquel j’étais opposé durant deux décennies. Aujourd’hui, Bourguiba m’interpelle encore en rapport à ce que vit mon pays : l’incertitude qui le déstabilise et l’espoir qui le mobilise, malgré tout.

Aujourd’hui, je me remémore le discours du premier ministre Bourguiba, le 25 juillet 1957, devant l’Assemblée Nationale, pour l’appeler à voter un changement du régime politique en optant pour le régime républicain. On y lit : « Le peuple tunisien a atteint un degré de maturité suffisant pour assumer la gestion de ses propres affaires. […] j'ai un tel respect pour le peuple tunisien que je ne lui souhaite pas de maître et que le seul choix que je puisse lui indiquer est le choix de la République. » Force est de croire que cette déclaration d’intention n’a pas donné lieu à une politique conforme à ses principes. Au-delà des tenants et des aboutissants de cette inadéquation, et malgré les heureuses réalisations de Bourguiba, on ne peut conclure qu’à une chance ratée par la Tunisie et comprendre la logique ayant conduit à la destitution de son premier président, quel que soit l’avis que l’on a pu avoir alors et que l’on a aujourd’hui sur la manière dont cette destitution (aux nombreux qualificatifs forgés selon les différentes circonstances) a été menée.

Puis vint le « changement du 7 novembre 1987 » sur la base d’une déclaration calquée ou presque sur les propos de Bourguiba devant l’assemblée. On y lit : « Notre peuple a atteint un tel niveau de responsabilité et de maturité que tous ses éléments et ses composantes sont à même d’apporter leur contribution constructive à la gestion de ses affaires, conformément à l’idée républicaine qui confère aux institutions toute leur plénitude et garantit les conditions d’une démocratie responsable ainsi que dans le respect de la souveraineté populaire telle qu’elle est inscrite dans la Constitution. Cette Constitution appelle une révision devenue aujourd’hui impérative. » Encore une fois, la prise en main du pouvoir se justifie de la maturité populaire et se reconnaît de son adhésion. A ce propos, il suffit de se rappeler la foule immense de la Kasbah plébiscitant Ben Ali, vers la fin de la fameuse journée du changement, pour ne pas remettre en cause le propos de la Déclaration, indépendamment de toute méfiance, voire de toute rétention, inégalement réparties entre certains citoyens. Là aussi, à la fin, c’est l’inadéquation du propos à la pratique censée en découler qui met à plat l’ambition d’un pays et son aspiration au progrès et à la prospérité dans la démocratie et la solidarité.

La même analyse peut être reprise aux différentes étapes des dix années portant le label de la transition démocratique, après un changement baptisé « révolution » et une seconde république dont on se demande si elle résistera à une troisième déjà en vue, dans toutes les bouches et dans tous les esprits. Il y a gros à parier que la défaillance du système est encore et toujours dans l’inadéquation entre la parole et l’action. Le fameux titre « Quand dire c’est faire » du célèbre philosophe John Austin n’est sans doute pas de grand effet sur nos politiciens, sauf par sa face qui en fait juste un slogan pour la manipulation.

Aujourd’hui, les Tunisiens se remettent encore à espérer un changement et à entrevoir une issue. Leur espoir sera-t-il satisfait ? C’est que cette question n’est pas la bonne ; elle serait à remplacer par celle-ci : « Que font-ils, ces Tunisiens, pour concrétiser leur espoir dans l’action de tous les jours ? ». En effet, rien ne changera pour un peuple si celui-ci ne prend pas l’initiative de changer son destin ».

Economique Jawhara FM

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