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Chronique05/10/2026 à 09:35

Du retour aux élections municipales

Du retour aux élections municipales

Par Mansour M’henni

Un nouveau décret-loi, le n° 4 du 30 septembre 2026, est publié, établissant un nouveau cadre juridique pour les conseils municipaux en Tunisie et annonçant les prochaines élections municipales pour la fin 2026 ou le début 2027. En attendant, le décret-loi n° 9 du 8 mars 2023 portant dissolution de l'ensemble des conseils municipaux continue de régir la gestion courante des municipalités.

Les réactions des citoyens à cette publication sont variées : il y a d’abord ceux-là que le cours des choses ne concerne pas et qui ont pris l’habitude de se laisser entraîner par les vagues dans une indifférence où ils croient trouver leur quiétude. D’autres paraissent aussi indifférents mais avec un air d’impuissance ou de constante déception, qui semble dire : « Nouveau ou pas, rien ne changera ». D’autres encore se réjouissent du retour des conseils municipaux, comme s’ils étaient déchargés d’un lourd fardeau, ne manquant pas de s’exclamer : « Enfin ! ».

Au-delà de toutes ces réactions, un fait est certain, le retour des structures communales est une bonne chose pour toute société aspirant à une gestion aussi démocratique que possible, même si la démocratie, nonobstant les textes juridiques, peut changer de souffle et de couleur en fonction des conjonctures et des rapports de force. En effet, nombreux sont les citoyens qui se lamentaient de la dégradation des services et des réalisations en l’absence des conseils municipaux. C’est ce qui explique sans doute l’enthousiasme de plusieurs d’entre eux à présenter leur candidature aux prochaines élections en vue d’essayer de contribuer autant que possible à améliorer la dynamique de développement de leur commune.

Dans cette perspective, un fait nouveau est interrogé quant à ses avantages et ses inconvénients, en l’occurrence la candidature individuelle (uninominale) et non dans une liste partisane ou indépendante. Les premiers et les plus mécontents sont évidemment les partis politiques ; l’esprit évoqué à ce propos, c’est l’impact de la montée du candidat Kaïs Saïed dans les élections présidentielles. On élit une personnalité et non un parti. Attendons voir ce que cela donnera dans les élections municipales, même si l’expérience électorale des conseil locaux et régionaux a constitué un modèle du genre assez instructif.

Après une évidente perte de confiance dans les partis politiques, de par tous leurs échecs enregistrés depuis 2011, allons-nous vers leur marginalisation de fait ? Dans ce cas, serions-nous sur la voie du renoncement à la démocratie classique, pour une nouvelle démocratie à créer ou à recréer ? Sinon, serions-nous dans la direction d’une nouvelle amplification du culte de la personnalité jusqu’à la perte de tout ce qui s’apparenterait à l’idéologie démocratique comme étant « le pouvoir du peuple, pour le peuple, par le peuple » ? Autrement dit jusqu’à l’autocratie ?

L’Histoire se fera elle-même, selon sa propre logique ; quant au rôle qu’y jouent les individus et les peuples, il ne saurait apparaître dans toute sa vérité qu’après coup, au temps de l’évaluation objective des choses, plus par les historiens que par les acteurs politiques. Allons donc à l’ombre de notre destin, à moins que l’exceptionnel n’intervienne pour forcer le destin !

Economique Jawhara FM

jmc
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