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Chronique06/04/2020 à 09:34

Fakhfakh et son clin d’œil à Bourguiba

Fakhfakh et son clin d’œil à Bourguiba

Par Mansour M’henni

Un jour comme aujourd’hui, de date non de nom, un certain jeudi 6 avril 2000, j’ai appris la nouvelle du décès de Bourguiba par les infos de France 2 alors que j’étais en Italie (au Val d’Aoste qui est francophone depuis 1561) pour des manifestations académiques et culturelles autour de la francophonie. J’y représentais l’Afrique alors que Danny Laferrière (aujourd’hui à l’Académie française) représentait les Amériques ; Salah Stétié (plusieurs fois nobélisable, sans être au gré de certains lobbies) y était pour l’Asie et Pierre Lexert pour l’Europe. Une activité riche de valeurs humaines, d’opportunités pédagogiques et de réflexions scientifiques et culturelles, surtout de par les échanges établis avec les lycéens valdôtains.

Voici un extrait d’un article rapportant ces activités :

« C'est ainsi que Mansour M'HENNI s'est entretenu avec les élèves du Lycée Scientifique de Pont-St-Martin, de St-Vincent et de l'ITCG de Châtillon. Dany LAFERRIÈRE a rencontré les élèves de l'ITC " I.Manzetti " d'Aoste et du Lycée Scientifique de St-Vincent. Pierre LEXERT a discuté avec les élèves de l'ITC " I.Manzetti " d'Aoste et de l'Ecole Moyenne de Charvensod. Enfin, Salah STÉTIÉ a fait découvrir sa poésie aux élèves de l'Ecole Moyenne de Charvensod, du Lycée scientifique d'Aoste, de St-Vincent et de Pont-St-Martin. C'est justement pendant cette dernière rencontre que Salah STÉTIÉ a souhaité établir un fluide poétique en invitant les élèves à créer de nouvelles strophes à partir d'une strophe de sa poésie. La poésie a pu devenir ainsi un lien étroit entre l’auteur et les élèves. »

 (https://www.regione.vda.it/istruzione/Publications/ecole_valdotaine_archives/49/16.htm)

De retour donc d’une de ces séances, la nouvelle du décès du Père fondateur de la Tunisie me terrifia, bien que comme tout le monde, je savais sa mort imminente. C’était dur de voir partir Bourguiba (L’un des quatre fondateurs de l’ACCT qui deviendra l’Organisation Internationale de la Francophonie, dont le cinquantenaire sera fêté en Tunisie cette année). C’est vrai qu’il était un père avec tout ce que la paternité offrait de bon et tout ce qu’elle permettait de déplaisant, avec son généreux flux d’amour et sa rigueur parfois abusivement contraignante. Bourguiba s’est inscrit dans ce statut de paternité, avec ses heurts et bonheurs, mais avec plus de bonheurs que de heurts, n’en déplaise à ses détracteurs.

Je ne reviendrai pas ici sur toute l’exploitation qui est faite de l’itinéraire de Bourguiba dans l’agora des rhétoriques et des calculs politiques poussés parfois à l’extrême cynisme, à la sournoise hypocrisie et même au rocambolesque retournement sur les princes élémentaires de la cohérence éthique. Tout cela est inutile. Aujourd’hui, à l’occasion de cette journée de commémoration, il importe seulement de tirer les leçons de la carrière de Bourguiba, dans le respect et la mise en valeur de ce qu’il a fait de bon, qui rend vraiment négligeable ce qu’on lui reproche. Sauf si l’on se place de façon maladive dans la logique de la haine insurmontable et de la rancune irascible.

On ne le répètera sans doute jamais assez, Bourguiba est loin d’être une propriété privée. Personne n’a le droit exclusif de s’en reconnaître plus que les autres. C’est que Bourguiba n’est plus un simple personnage historique, il est une Histoire dans les différentes étapes de son déroulement et, de ce fait, il est un système de valeurs, fondateur d’une forme de socialité humaine. Il condense dans sa personne humaine trop humaine l’histoire de la libération de son peuple, dans la configuration générale de l’émancipation des peuples colonisés. Il concrétise aussi l’esprit de construction d’un Etat libre et indépendant avec une logique des priorités adaptée à l’édification solide d’une société moderne. Il représente aussi le mal qui serait né du ratage politique quant à l’évolution inéluctable de cette société vers la démocratie convoitée, malgré ce qu’on pourrait lui reprocher.

Pour toutes ces raisons, je voudrais souligner une expression de Bourguiba reprise par le président du Gouvernement dans son entretien télévisé de la semaine dernière. Il a parlé du «combat majeur après le combat mineur » (Al-jihad al-akbar ba3d al-jihad al-asghar). Peut-on y voir le signe d’une rationalité retrouvée au niveau d’exigence de « l’unité nationale », un autre mot d’ordre fondateur de la politique bourguibienne ? Si c’est le cas, je pense que Fakhfakh pourra, non seulement sauver son mandat, mais asseoir aussi une plateforme solide pour son avenir politique, repensé à l’aulne de la nouvelle Tunisie.

jmc
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