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Chronique27/07/2018 à 09:23

Le Festival du cinéma dans notre quartier, et le souvenir de Tahar Chériaa

Le Festival du cinéma dans notre quartier, et le souvenir de Tahar Chériaa

Par Mansour M’henni

Heureusement qu’il y a la culture pour nous changer de ce marasme politique où d’aucuns chercheraient à nous embourber. Quoi qu’on pense des différentes manifestations du secteur, celles-ci constituent autant de bouffées d’air pur dans cet été dont la chaleur est infernalement attisée par des politicards des scandales, des complots et des diversions malheureuses. Et il y en a pour tous les goûts, dans la politique comme dans le cinéma.

Personnellement, je suis davantage attiré par les rencontres et les spectacles qui ont le sens de l’originalité et de l’humilité volontariste. C’est pourquoi je suis particulièrement sensible à une sympathique initiative cinéphilique intitulée « Le Festival du cinéma dans notre quartier ; apporte ta chaise et viens», organisée par la prestigieuse et historique Fédération Tunisienne des Cinéclubs (FTCC), avec un généreux et solide appui du ministère des Affaires Culturelles dans le cadre de son soutien aux projets à nature innovante, même si inspirés d’une mémoire délaissée et d’un patrimoine souvent  oublié.

L’objectif premier du festival, qui s’étendra du 28 juillet au 15 septembre, réside d’abord dans la diffusion de la culture cinématographique là où les moyens infrastructurels n’existent pas ou sont insuffisants. Il couvrira 11 gouvernorats et projettera 45 films de différents genres et formats. Mais mieux encore, dans le pur esprit de la fondation de la FTCC, en 1949 (officialisée en 1950) par feu Tahar Chériaa, c’est l’entraînement à la conversation que les rencontres programmées développent, en droite ligne avec la vraie culture démocratique.

Le public a ainsi droit à un vrai forum populaire de sagesse censé tempérer les humeurs et concentrer les énergies sur l’exigence fondamentale de la présente étape de notre histoire, en l’occurrence l’esprit de conversation pour la démocratie, contre toutes les spéculations et les provocations politico-politiciennes qui semblent diviser le pays en citoyens à la traîne, déçus et désolés, et en individus politiques, plutôt que des partis, exhibant, devant le miroir de leur narcissisme, leurs joutes oratoires pompeuses et rébarbatives, incapables de convaincre de quoi que ce soit, tellement elles tournent en rond dans une épuisante chasse aux complots.

C’est d’ailleurs une précaution à prendre par les organiseurs qui doivent veiller à une ouverture de leurs débats sur un échange démocratique libre et respectueux, de façon à consacrer l’éthique du vivre ensemble-ensemble solidaire dans toutes différences, malgré ces différences et grâce à elles.

Ceux qui ont mon âge ou plus, un peu moins aussi, se souviennent de ces voitures de projection qui labouraient le pays, au vrai sens du terme, y plantant les fleurs de la raison et y arrosant les racines de l’intelligence. Dans mon village d’antan, désormais une ville assez grande pour se permettre d’oublier, peut-être, ses Tahar Chériaa et consorts, ces camions du cinéma nous faisaient, quand ils venaient, deux projections au moins : une sur la place publique pour les hommes et une autre pour les femmes chez un ami inséparable de T. Chériaa, un grand patriote discret et dévoué, un instituteur tel qu’on peut en imager un exemplaire, feu Ahmed M’henni, alias Hassen Gacem.

Les enfants pouvaient assister aux deux projections, avec leurs pères ou avec leurs mères. Ceux qui avaient des chaises en apportaient, c’est vrai ; mais les autres s’asseyaient par terre ou sur une pierre, dans le meilleur des cas, sur une natte de fortune. Cependant tout le monde jubilait. Cela nous avait éduqués à l’amour et à la passion du cinéma, à la fréquentation et à la participation des ciné-clubs, des ciné-jeunesse, du cinéma scolaire, de l’association des cinéastes amateurs, etc.

On ne peut donc que saluer ce projet du « festival du cinéma dans notre quartier » et saluer également le ministère des Affaires Culturelles d’avoir consacré une belle salle à Tahar Chériaa, le fondateur de la FTCC, le fondateur des JCC (Journées Cinématographiques de Carthage dont d’autres ont été inspirées pour les autres arts), qui a été aussi le maître d’œuvre et le concepteur du service du cinéma dans le Secrétariat d’Etat à la Culture d’alors, avec l’appui et sous la cape de M. Chedly Klibi, une autre personnalité de ce grand calibre dont la Tunisie a été et est toujours généreuse, pour peu qu’on fasse confiance à l’intelligence et au patriotisme de ses enfants.

Quelle satisfaction encore si, dans le Cité de la Culture et dans cette salle surtout, un groupe ou une instance initiaient une rencontre cinématographique autour du 5 janvier de chaque année, à la manière des Journées Audiovisuelles Tahar Chériaa qui ont vu le jour à l’occasion de son décès, dans sa ville natale, et qui ont disparu pour des raisons qui ne méritent pas d’être évoquées ! J’ai la ferme conviction que cela se fera et qu’en 2027, ces journées seront un vrai moteur propulseur de l’Année Tahar Chériaa, pour le centenaire de sa naissance.

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