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Chronique27/07/2021 à 10:05

Nous et la République

Nous et la République

Par Mansour M’henni

Quand l’Etat se meurt, c’est la société civile qui lui insuffle l’oxygène revivifiant. (M. M.)

Autant et plus que d’autres citoyens du monde, les Tunisiens sont (ré)interpelés, d’une façon ou d’une autre, par l’idée de la République, sans d’ailleurs forcément y plonger comme un concept historique de philosophie politique.

La deuxième décennie de ce XXIème siècle, décennie dite « postrévolutionnaire », a donné à cette interpellation un goût de contestation plus que de commémoration festive, celle-ci ayant été par trop banalisée par les gouvernements successifs, à part peut-être le temps de Béji Caïd Essebsi. Ainsi, la date et sa symbolique sont devenues un cadre de trop, animant les conflits idéologiques qui, jusqu’à aujourd’hui, n’ont pas réussi à coexister démocratiquement dans le respect réciproque et dans la construction commune pour un patriotisme solidaire.

Rappelez-vous ! A son retour au lendemain du 14 janvier 2011, Moncef Marzouki répétait son leitmotiv : « J’ai créé le Congrès pour la République parce qu’on n’a pas de République en Tunisie… » ! On a vu ce qu’il en a fait et ce qu’il continue à faire en appelant, par le biais de la fameuse et éternelle Al-Jazira, sa vraie mère semble-t-il, à un séparatisme violent entre ses concitoyens suite aux dernières décisions du président Kaïs Saïd. Celles-ci sont critiquables pour certains, mais le peuple y voit une tentative courageuse de redresser la barre et de remettre la barque sur la voie du salut, dans une tempête de plus en plus houleuse, à faire perdre tous les repères.

Il est donc de plus en plus évident que la question de la République se ranime au fond de nous, en tant que concept sans doute pour nos penseurs, mais surtout en tant que cadre du vivre-ensemble dans une appartenance commune sur la base de valeurs partagées pour le bien-être de tous. Cet aspect pratique prend forme et se fait foi autour de l’idée de patrie, du statut de citoyenneté et des valeurs d’égalité, de justice et de liberté. Une fois confirmées dans l’affect et l’intellect individuels et collectifs des citoyens, ces valeurs génèrent, à travers la conscience citoyenne, d’autres valeurs non moins fondamentales comme le respect et la solidarité. Ainsi, l’autorité de l'Etat, de quelque nature qu’elle se conçoive, se met au service du "bien commun", « et s'exerce par la loi sur des individus libres et égaux ».

Or les événements de janvier 2011 n’ont pas donné lieu à des gouvernements inscrits dans cet ordre de l’autorité de l’Etat ; des figures politiques de tous bords se sont précipitées sur « l’os de la révolution » le prenant pour un gâteau à s’arracher, à qui mieux mieux. Sans vision futuriste, sans esprit organisationnel rationalisé, sans programme de développement économique, social et culturel, sans des perspectives diplomatiques étudiées, les nouveaux acteurs politiques ont tout pris en compte, dans leurs disputes et leurs concurrences égotistes et égoïstes, sauf l’intérêt de l’Etat, en tant que ciment de l’édifice patriotique, et le bien commun en tant qu’objectif primordial, unique même, de la pratique politique.

Les citoyens, autres que les fanatiques et les asservis, ont à plusieurs reprises et de différentes façons exprimé leur dépit évoluant vers un ras-le-bol difficile à contenir ; mais nos politiques ont toujours continué à essayer de se servir de ce sentiment de dissidence en naissance au profit de leur manipulation politique et de leur rhétorique idéologique. Prenant finalement conscience de la gravité de la situation, le président de la République a fait usage de ce que la constitution lui permet pour essayer de rectifier le tir. Cela a surpris tout le monde et surtout les « faux-monnayeurs de la politique » ; cela est sans doute à compter à la faveur du président ; mais cela est d’abord à mettre à la tête des devoirs désormais impartis aux citoyens, « libres et égaux ».

Les citoyens, dignes de ce nom et l’assumant en tout engagement, doivent se prémunir de l’espoir nécessaire et de la défiance requise pour empêcher tout dérapage de l’opération, ni vers la violence et l’anarchie annoncées par certains, ni vers le culte de la personnalité et la main mise incontrôlable sur tous les pouvoirs de l’Etat. Ils ont en effet assez fait l’expérience de la société fermée pour ne pas se laisser prendre à ses attraits fallacieux ; mais ils ont aussi fait l’expérience récente d’une liberté irresponsable qui a fini par souiller l’éthique du vivre-ensemble et par désorganiser la gouvernance transparente, juste et sincère, non soumise aux lobbies de tous genres.

Je me dois, à la fin, de préciser que j’ai emprunté le titre de cette chronique à une conversation à distance, du même nom, annoncée le 15 juillet par l’association « Questions et Concepts d’Avenir » (QCA) et tenue le 26 juillet. J’ajouterais que de telles actions sont en plein dans l’esprit de l’engagement citoyen via la société civile et le tissu associatif. Car, quand l’Etat se meurt, c’est la société civile qui lui insuffle l’oxygène revivifiant. 

Economique Jawhara FM

jmc
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