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Chronique08/07/2020 à 09:22

Sait-on au moins sur quel pied danser ?

Sait-on au moins sur quel pied danser ?

Par Mansour M’henni

L’idéal démocratique n’a peut-être jamais été aussi compromis que par les temps qui courent, parce que son principal outil en vigueur, les élections, ne semble plus assez crédible car conduisant, le plus souvent, vers une destination autre que celle souhaitée par la plupart des citoyens.

Ce constat concernerait sans doute plusieurs états, mais à relativiser les choses et à voir de plus près, force est de reconnaître que, depuis dix-ans que nous œuvrons à nous inscrire dans le processus démocratique, nous n’arrivons qu’à montrer, à chaque pas, combien nous sommes encore loin du minimum requis pour un élan vrai et sincère vers la démocratisation.

Je dois d’abord préciser qu’à vouloir tout le temps montrer qu’on est différent des régimes autocratiques, auxquels nous substituerions une interminable transition démocratique, nous ne pouvons alors que tourner en rond, sans vrai progrès et, pire encore, avec le sentiment de réussir ce que nous n’avons même pas engagé sérieusement et rationnellement.

Notre mal endémique est que nous cherchons à bâtir sur des conflits, des animosités et des lobbies. Pourtant, le génie propre de l’idéal démocratique est de réussir l’union dans la différence, grâce aux différences, et pour ce faire, certaines valeurs sont incontournables :

¤ D’abord une conscience intelligente de nos limites, en tout, en tant qu’individus séparés et du besoin d’un vivre-ensemble géré dans le sens du meilleur bien-être pour tous. Qu’il y ait une modulation relative de ce bonheur ne nuit pas au principe tant que cela se justifie par une équité compensant les efforts et les mérites.

¤ Ensuite le respect d’autrui quel que soit son statut, ce qui lui donne le droit de participation à tout ce qui fait le vivre-ensemble, depuis la réflexion et la conception jusqu’à l’application et l’évaluation. Personne ne peut se vanter du génie omniscient, de l’intelligence omniprésente ni de la capacité omnipuissante, à moins de vouloir se substituer à Dieu. Le principe de base est que l’apport d’un simple citoyen peut s’avérer plus bénéfique que la théorie d’un philosophe ou d’un imam, voire d’un expert en quoi que ce soit ; il suffit juste de lui prêter l’attention et l’écoute que la démocratie exige. Ce principe ne dévalue nullement l’apport des experts et des spécialistes, mais il les appelle à une humilité inaliénable conçue comme l’éthique fondamentale de la république du savoir.

¤ De cela découle l’idéal démocratique qu’on devrait toujours s’appliquer à vouloir atteindre, ou au moins agir pour en être le plus proche possible. Or notre vrai problème, c’est d’avoir substitué à l’idéal démocratique comme repère et objectif, fût-il utopique, des balises de démocraties pratiques toutes faussaires et n’ayant de vrai but que de nous détourner de cet idéal. Nous avons mis toute la démocratie dans le vote alors que celui-ci n’est qu’un de ses moyens, dont une éthique généralisée, grâce à la culture et à l’éducation, pourrait même se passer.

On s’obstine à faire prévaloir « la démocratie représentative » alors que celle-ci ne cesse de manifester, parfois dramatiquement, ses méfaits. On dit qu’elle est le moindre mal ? L’essentiel donc est qu’elle est bien un mal ! A ce niveau, le problème est d’interprétation : nous croyons que le vote est une attribution de pouvoir alors qu’il n’est qu’une attribution de responsabilité, celle-ci devant être en évaluation ininterrompue et, au besoin, en destitution implacable.

Quant à parler de la « personne ou personnalité la plus compétente », il va sans dire que c’est une pure fiction, qui peut s’avérer la pire fiction, surtout si la compétence flirte sans vergogne avec la corruption.

Pour conclure, la Tunisie a un besoin urgent d’une halte interrogative pour repenser sa stratégie et son avenir dans la logique conversationnelle et dans le devoir de propreté, toute la propreté. Faute de quoi, elle risque de croupir dans l’éternelle farce d’une marionnette qui ne sait sur quel pied danser, celui de la dictature ou celui de la démocratie.

Economique Jawhara FM

jmc
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