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Chronique15/11/2021 à 11:22

Dany Laferrière, de la foire du livre à Tunis aux souvenir de Val d’Aoste 2000

Dany Laferrière, de la foire du livre à Tunis aux souvenir de Val d’Aoste 2000

Par Mansour M’henni 


Samedi 13 novembre 2021, la Foire Internationale du Livre à Tunis et l'Institut Français à Tunis nous ont offert l'opportunité d'une agréable et intéressante rencontre avec le grand écrivain Dany Laferrière, membre de l'Académie Française.

Il serait maladroit de ma part de tenter une biographie de Dany Laferrière (alias Windsor Klébert Laferrière) dans le contexte de cette chronique.
Je dirais quand même que, par plusieurs caractéristiques, cette personnalité littéraire, rompant très tôt avec l’école mais jamais avec la littérature et la culture en général, me rappelle l’Algérien Kateb Yacine sur lequel j’ai longtemps travaillé.
Tous deux ont été très tôt engagés dans des emplois précaires, à la suite d’un drame politique, mais réunissant toujours, au plus profond de leur affect et dans les nerfs moteurs de leur intellect, les repères inaliénables d’une synthèse de l’expérience individuelle fondue dans l’universel humain.

Des 23 premières années de sa vie dans son pays natal, le Haïti, et de sa communion culturelle avec son pays de nationalité, le Canada, D. Laferrière a acquis une sensibilité et une expérience littéraires et artistiques faisant à la fois sa singularité d’auteur et son être à l’altérité dans le convoi de l’intelligence humaine.
Je parlerais bien à ce propos de l’originalité de la littérature canadienne pour laquelle Laferrière réclame le Prix Nobel ; mais je soulignerais tout autant, pour ce résident binaire entre Montréal et Pais, l’éthique « néo-humaniste » que la littérature de langue française véhiculerait en ces temps de dures épreuves face aux nombreux désastres qui mettent l’humanité et son existence même en danger.
Lors de la rencontre de la Foire du Livre à Tunis, la conversation avec l’auteur (de livres et d’images) a été d'une grandesympathie et d'une intelligence fine et conviviale.
Elle a permis au public de l’interroger sur son expérience créatrice qu’il a développée en mettant particulièrement en valeur le rôle de la lecture, si bien que l’auteur lui-même se découvre n’être en fait qu’un lecteur qui s’est mis à écrire, en réponse à l’une ou l’autre des motivations qui le commandent.
De mon côté, j’ai eu à communiquer avec Dany (comme aiment à l’appeler ses concitoyens au Canada, lecteurs, auditeurs et téléspectateurs), sur deux points : un souvenir commun et une question sur un « événement-écrit », le séisme de Haïti.
La rencontre m'a permis d’abord de rappeler des souvenirs ineffables d'une rencontre en Italie, entre Turin et Val d'Aoste, en avril 2000, pour les Journées de la Francophonie où nous étions quatre écrivains, invités de quatre continents, à communiquer à l'Université de Turin, dans une première étape, puis de travailler et de converser avec des élèves, dans des écoles, de communiquer aussi dans le Palais du Conseildu Val d’Aoste (Une région du Nord-Ouest de l’Italie où le français et l’italien sont les deux langues officielles).
Cette seconde étape de la rencontre a été ainsi présentée par un site local, "L'Ecole valdôtaine":« La seconde étape consacrée aux écrivains francophones, a été caractérisée par les différentes rencontres entre ces auteurs et les élèves valdôtains. […] C'est ainsi que Mansour M'HENNI s'est entretenu avec les élèves du Lycée Scientifique de Pont-St-Martin, de St-Vincent et de l'ITCG de Châtillon.
Dany LAFERRIÈRE a rencontré les élèves de l'ITC " I.Manzetti " d'Aoste et du Lycée Scientifique de St-Vincent.
Pierre LEXERT a discuté avec les élèves de l'ITC " I.Manzetti " d'Aoste et de l'Ecole Moyenne de Charvensod. Enfin, Salah STÉTIÉ a fait découvrir sa poésie aux élèves de l'Ecole Moyenne de Charvensod, du Lycée scientifique d'Aoste, de St-Vincent et de Pont-St-Martin.
C'est justement pendant cette dernière rencontre que Salah STÉTIÉ a souhaité établir un fluide poétique en invitant les élèves à créer de nouvelles strophes à partir d'une strophe de sa poésie. »
Nous nous sommes rappelés également le décès de Bourguiba, le jour même de la clôture de la manifestation, le 6 avril 2000 et l’hommage qui lui a été rendu, pour la circonstance ; mais aussi le décès relativement récent de deux personnalités de cette rencontre, le poète et essayiste libanais Salah Stétié et l’universitaire italien Sergio Zoppi.
Ainsi en est-il du souvenir commun. Quant à ma question, elle a porté sur le livre de Dany Laferrière Tout bouge autour de moi, composé de 128 chroniques rédigées sur le vif.
Je voulais m’enrichir (et le public en a été fort enrichi, d’après ce qui m’a été dit à la sortie) du témoignage de l’auteur sur l’articulation entre cet événement désastreux et sa mise en écriture, surtout que j’en avais parlé récemment dans ma Conférence inaugurale du 4ème Congrès Mondial de Brachylogie, à Abidjan (Côte d’Ivoire, 19-22 octobre 2021), autour de la question « La Nouvelle Brachylogie face au désastre ».
Dany Laferrière a raconté ce qui, dans son subconscient peut-être en relation aux mythes, lui donnait la conviction qu’écrire empêchait de mourir, puisque « dans les récits et les romans, les narrateurs ne meurent pas ».
Une idée à creuser, à la frontière, s’il y en a, entre la vie et la littérature ; mais aussi, mais surtout entre la vie et la mort ! Et Dany Laferrière d’interroger son allocutaire : « Es-tu vivant ou mort ? » Mais il a évoqué également la conscience, soudain surgie, de la fragilité du globe et de ses êtres, devant cet imprévu indomptable.
Néanmoins, la solidarité humaine constatée, sur le vif, témoignait d’un capital éthique à ne pas perdre, ce qu’il préfère appeler « la fraternité ». Dommage que dans ce cas particulier, cette valeur n’ait prévalu que durant 48 heures.
Le débat sur cette question reste ouvert et j’espère bien avoir l’occasiond’y revenir.
En attendant, en guise de conclusion à cette chronique, je citerais volontiers le commentaire du site de l’Académie sur ce livre de D. Laferrière : « Janvier 2010, Laferrière se trouve à Port-au-Prince quand le séisme frappe le pays.
Il note sur son carnet noir ses observations de manière si spontanée que les lecteurs auront l’impression de vivre l’évènement en direct. Tandis que la télévision montre les immeubles effondrés et compte les morts, Laferrière raconte la vie quotidienne dans une ville complètement brisée et les tentatives désespérées des gens pour garder une certaine dignité dans le malheur. La littérature, en s’éloignant du scandale, nous fait pénétrer dans l’intimité de la catastrophe. » 

Economique Jawhara FM

jmc
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