facebbok

Youtube

Rss

Web Radios

Français|

Accueil >Actualité >Chronique

Chronique01/06/2026 à 07:52

La pensée engagée entre l’éthique et la politique

La pensée engagée entre l’éthique et la politique

Par Mansour M’henni

Il est des événements et des circonstances qui actualisent, de façon fréquente et appuyée, la question de la pensée engagée et qui interrogent et mettent à nu peut-être ses errances et sa diversité sous le label constant du bien public. Cette fin du mois de mai 2026 me semble avoir été marquée par le bruit de cette pensée et par ses échos variés tel que cela paraît dans les médias et dans les réseaux sociaux. En tout cas, c’est ainsi que j’ai personnellement perçu ces données spécifiques venant coller à un fond d’événements majeurs perturbant la structure du monde et la paix de ses citoyens. Il s’agit pour moi, sans doute dans la lignée de mes préoccupations brachylogiques, du décès d’Edgar Morin et de la série de vidéos publiées par Dominique de Villepin et centrées sur une vision « originale » de la société de demain.

D’abord Edgar Morin, ce philosophe français qui vient de s’éteindre à 104 ans, c’est celui qui donne la meilleure preuve du célèbre aphorisme qui dit « L’intelligence ne se mesure pas aux diplômes ». En effet, autodidacte qu’il est, il n’en a pas moins creusé la pensée au-delà des sentiers battus pour examiner profondément les relations entre les réalités apparemment contraires et pourtant complémentaires de par la tension qui les anime. C’est la pensée complexe dont il a fait une pensée engagée explorant l’ordre et le désordre, le cosmos et les microstructures, la socialité et son environnement. Et puis, pour notre pensée brachylogique, nous l’y sentons en plein par le biais de sa conversation avec l’incertitude : « connaître et penser, ce n’est pas arriver à une vérité certaine, c’est dialoguer avec l’incertitude ». Et c’est ce bain d’incertitude, cette incontournable inquiétude, qui fait son bonheur ; ce qui nous permet de dire de lui ce qu’Albert Camus a dit de son Sisyphe : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ». Bref, on n’aura pas de sitôt fini de parler d’E. Morin, sans doute encore plus maintenant qu’il est parti, qu’hier quand il était parmi nous.

Quant à Dominique de Villepin, auquel nous souhaitons une longue vie, voilà déjà au moins une année qu’il se médiatise ou qu’il est médiatisé plus que d’habitude. On pense alors aux présidentielles françaises de 2027 et les concernés, d’un côté comme de l’autre, ne se privent de rien qui puisse susciter l’intérêt, le calcul, les prévisions, les sondages, les critiques, etc. Comment ne pas donner aux vidéos de D. de Villepin un autre objectif qu’électoral, surtout quand on a encore en mémoire ce fameux discours du ministre des Affaires étrangères qu’il était, prononcé le 14 février 2003 devant le Conseil de sécurité des Nations unies, un discours devenu historique car il exprimait le refus de la France de participer à l'intervention militaire en Irak pilotée par les États-Unis d’Amérique ? Pourtant lui, il n’a jamais catégoriquement nié cette option, ni ne l’a validée franchement.

Cependant, pour celui qui suit intellectuellement le développement du discours de villepin, il ne peut rester indifférent à ses idées qui s’articulent sur la perspective d’un nouveau modèle de société inspiré, dirions-nous, de ce que d’aucuns nommeraient « la société de conversation ». Sauf que ce modèle ne transcende pas la réalité pour illuminer des lumières des cieux un monde en dérive, et qu’il s’articule bien aux pressions de la conjoncture actuelle et aux folies meurtrières qui pèsent comme une malédiction sur le destin des humains.

C’est là qu’on se demande si Villepin fait figure d’un nouveau philosophe des sociétés ou si son intelligence politique trouve et cherche à prouver le pragmatisme de sa quête du pouvoir sur un terrain où la philosophie et la politique sont réconciliées et font bon ménage.

Affaire à suivre.

Economique Jawhara FM

jmc
horoscope.jpg