La Pioche et la main du cultivateur

Par Mansour M’henni
Encore une fois et sûrement pas la dernière au vu des intelligences appliquées dans son cadre, la Coordination Internationale des Recherches et Études Brachylogiques (cireb) fait preuve d'endurance à mettre en valeur la pertinence du concept qui l'anime, la Nouvelle Brachylogie, et qui invite à reprendre espoir dans un monde meilleur et dans une humanité profondément et sincèrement humaine car respectueuse, solidaire, pacifiste et non ségrégationniste.
L'occasion était appropriée, celle du 5ème colloque international de la cireb à Paris les 8 et 9 juin 2026, parrainé par la Renaissance Française dans les locaux de la Région du Grand-Est, comme tous les ans.
Le thème du colloque était important et de grande actualité : "La Société de conversation contre les discours de haine".
Comment rester insensible aujourd’hui à cette recrudescence des discours de haine, partout dans le monde, à tous les niveaux et dans tous les secteurs.
Et comment ne pas déplorer, en conséquence, non seulement l’ignorance, réelle ou simulée, du sens premier et profond de la conversation, mais aussi son dénigrement par une instrumentalisation rhétorique ne lésinant pas sur les outils, discursifs et autres, de donner raison prétendument rationnelle, en dehors de toute considération éthique à l’idéal humain pour lequel nous sommes censés tous travailler, dans la juste égalité de statut de tout être humain, dans le cadre du « tout humain ».
Des intervenants d'Algérie, de Côte d'Ivoire, de France, d'Italie, du Maroc et de Tunisie se sont relayé pour conduire une vingtaine de communications ayant suscité un intérêt certain et provoqué des conversations riches et instructives.
Le constat d’un dérapage sociétal était inévitable au vu des situations déplorables vécues dans le monde par des populations innocentes et impuissantes.
Faut-il pour autant laisser régner ce fléau, sans doute plus grave que tous les autres ? Ne convient-il pas de revisiter la logique de la vraie conversation, constructive et respectueuse, telle que suggérée par Socrate et récemment réinitialisée par le concept de la « Nouvelle Brachylogie », en vue de cet idéal censé commander toutes nos actions et nos démarches, celui de la « Société de conversation » ? Nous savons sans doute que cet idéal est impossible à atteindre sur cette terre qu’est la nôtre, avec ce que nous y avons semé et cueilli en matière de sentiments trompeurs et de raisons falsifiées ; mais si notre volonté reste fixée sur cet objectif, « utopique », nous dirait-on, on aura gagné au moins de réduire les sources et les raisons de l’indignité et de la haine.
Une mobilisation ferme et un labeur inlassable doivent conduire notre être et notre socialité, à partir de la famille, de l’école et de toute forme de groupement, donc conduire notre pédagogie de la vie, et d’abord notre pédagogie de la vie commune.
Faut-il pour cela tout revoir, de fond en comble ? Pourquoi pas s’il peut en naître une démarche appropriée à notre rêve et une volonté inlassable de parvenir à notre objectif ! Un proverbe africain nous rappelle que le travail vient à bout de tout ; il dit : « La pioche ne se fatigue jamais ; c'est la main du cultivateur qui se lasse ».
Et pour que cette main ne se lasse pas, ne lui faut-il pas des valeurs universelles dans les nerfs?











