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Chronique08/05/2026 à 14:29

Une autre foire du livre fait problème !

Une autre foire du livre fait problème !

Par Mansour M’henni

A peine avons-nous tourné la page de la 40ème édition de la Foire internationale du livre à Tunis que surgit un autre problème, celui de la Foire nationale du livre tunisien, dont la cinquième édition est annoncée par une information du Ministère des Affaires Culturelles pour la période du 23 octobre au 1er mai 2026. Comme attendu, et comme pour la foire internationale, le conflit est déclaré par l’Union des éditeurs tunisiens (UET, le même sigle que l’Union des écrivains tunisiens) qui se révolte contre son exclusion de toute consultation à propos des foires du livre alors qu’il se considère comme le principal acteur du secteur.

Le bras de fer auquel se livre l’UET-édit (pour le différencier de UET-écriv) a une histoire et ne s’affirmerait pas comme une épreuve sportive. Il est question d’un droit affirmé et revendiqué comme un dû légitime. Reste que le ministère des Affaires culturelles paraît s’aligner sur une règle de conduite administrative commandée par la loi du genre.

Il importe de rappeler que la même épreuve de force a été vécue lors de l’édition inaugurale, au nom même du privilège réclamé par l’UET-édit pour avoir proposé la création d’une foire nationale du livre tunisien. Du point de vue administratif, et d’autres points de vue aussi, le label premier de l’organisateur devait revenir au Ministère de tutelle du fait de cette tutelle même, qui est bien une responsabilité de gouvernance et d’arbitrage entre les différents partenaires, mais du fait qu’il est également le financeur de l’organisation. Face à cela, l’UET-édit a le statut d’un partenaire professionnel, tout comme l’UET-écriv et d’autres partenaires de circonstance.

Lors de l’édition inaugurale, un moment de tension a été vécu au sein du comité directeur de la foire jusqu’à l’attribution au Ministère le titre d’organisateur et la répartition du partenariat entre les parties associées, chacune à un degré correspondant à son rôle et à son apport. Comme prévu, l’UET-édit, soutenue alors par l’UET-écriv (pour un double statut du premier responsable de celle-ci), s’est obstinée à vouloir écarter le DG désigné à la tête de la première édition, ce qu’il a demandé lui-même au ministre en place. Et les choses ont continué sans heurts.

Aujourd’hui, il nous paraît plus sage de renoncer aux épreuves de force obstinées et d’adopter un langage de conversation sereine et une logique de droit légitime. Tout le monde sait que l’UET-édit est une organisation professionnelle à but lucratif. Mais tout le monde sait également que le Ministère, malgré la précarité de son budget, offre aux professionnels du livre, un soutien que d’autres pays mieux lotis n’assurent pas. Tout le monde sait également que certaines administrations liées à aux budgets alloués ont parfois des calculs que la raison de comprend pas facilement. Ce qui nécessite un meilleur contrôle de leur implication dans la gestion des foires et des manifestations culturelles.

Bref, ce qu’il faut de suite, c’est assainir l’ambiance et faire passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier, car le phénomène des foires est un nerf moteur de la vie sociétale et à force de le tirer trop fort dans plusieurs sens, il finit par éclater… et c’est l’hémorragie…

Economique Jawhara FM

jmc
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