Avant-première de Mirage, une pièce à ne pas rater

Par Mansour M’henni
Le samedi 4 avril 2026 a eu lieu une avant-première de la pièce de théâtre Mirage (سراب), à la dalle du Quatrième Art de l’avenue de Paris, à Tunis. Ce fut l’occasion pour moi de revisiter des espaces de représentations théâtrales après des années d’interruption dont je n’ai pas à me justifier ici. Et dire que ma prime enfance s’est exprimée dans l’écriture, la mise en scène et le jeu sur scène de façon à me donner même l’idée de faire de cette voie le chemin prédestiné de ma noix. Mais le temps a l’art et le pouvoir de faire des gens ce qu’il entend.
Le texte Mirage a été écrit par Faouzia Dhifallah, une universitaire aux talents multiples et aux occupations diverses, dans une soif de culture et de pensée cherchant les formes artistiques convenant à son expression. Hafedh Khalifa s’est sans doute reconnu lui-même dans ce texte pour l’avoir brillamment scénographié et mis en scène. Ainsi, le spectateur ne peut pas s’empêcher de penser l’espace de la scène comme un espace signifiant, par lui-même et en lui-même, au-delà ou en-deçà des mots et des gestes qui s’y déploient en se renvoyant les uns aux autres : le mot est dit comme un geste ; le geste se manifeste comme une parole qui se prononce ne cherchant nullement à valoir comme une idée à prouver ni comme une opinion à défendre, tout juste comme un besoin de parler pour vivre et pour s’interroger.
Voilà pourquoi, sans doute, le titre est Mirage et le cadre est « Désert » comme un synonyme de « Mer », des espaces d’errance et de perdition pour mieux se retrouver et se reconnaître dans son être authentique ! Dès lors, c’est le tourbillon des mots dans les secousses des questions ; c’est les confrontations apparemment antithétiques, mais foncièrement synonymiques : l’amour et la guerre, la vie et la mort, l’homme et la femme, le père et la fille, les vagues tumultueuses du désert et les vents brumeux de la mer.
Tout cela a commandé structurellement le texte et tout cela a inspiré les scénographe metteur en scène dans une poétique et une esthétique de la fragmentation, donnant l’illusion du démantèlement et de la dispersion, mais conduisant dans la mouvance du sable et dans l’insaisissable de l’eau jusqu’à retrouver la lueur d’espoir qui s’illumine soleil en gestation, au-dessus d’un avenir en attente.
Voilà une première impression de lecture… un premier effet de spectacle … une première plongée dans cet impressionnant espace d’interrogation où le vertige fait état d’un langage du mirage ! C’est pourquoi l’interrogation ne saurait s’y arrêter ; elle ne peut que continuer.
L’auteure du texte a donc bien raison de remercier le « scénographe-metteur-en-scène », et à travers lui toute l’équipe, pour le résultat obtenu : « Merci, Monsieur Hafez, d'avoir cru en ce texte et d'avoir incarné son esprit et ses mots. Merci à tous les acteurs d'avoir donné vie à cette œuvre, de l'avoir fait vibrer d'amour, de vie et de vérité. Ce texte est un recueil de textes… un bouquet de significations foisonnantes, authentique dans son travail, son effort, son éthique et son engagement ».











