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Chronique14/08/2026 à 21:24

L’éternel débat autour de la question de la femme

L’éternel débat autour de la question de la femme

Par Mansour M’henni

Souvent, depuis les événements et les décisions politiques déclenchés en 2011, à chaque fois que l'occasion se présente, la question féminine retient l'attention et ranime les débats des deux extrêmes, souvent sans un juste milieu qui soit plus raisonnable!

D’un côté, la mouvance pro-islamiste revendique un retour à la case départ, jugé cautionné par la tradition islamique. De l’autre, la dynamique moderniste appelle à une relativisation des règles temporelles, obéissant à la logique de l’Histoire et du progrès, sans les confondre avec des interprétations du Spirituel soupçonnées de subir l’influence humaine, parfois au détriment même du Texte de base de la religion, en l’occurrence le Coran.

Le plus étonnant, c’est que ces débats passionnés se répandent sur les réseaux sociaux en des termes qui ne respectent ni les règles de la conversation, ni le langage de l’échange serein, ni encore la morale sociale censée régner entre tous les citoyens indépendamment de leurs opinions ou de leurs appartenances. Du coup, les commentaires passent des personnages symboliques et antithétiques, en l’occurrence Bourguiba et Ghannouchi, l’un représentant le Diable et l’autre la Bon Dieu, aux insultes vulgaires et diffamatoires échangées entre les polémiqueurs. Franchement, il est urgent d’instaurer une instance de contrôle du langage des réseaux sociaux de façon à sanctionner ceux qui portent atteinte aux manières correctes de parler en public et au respect de la dignité d’autrui !

Heureusement, dans ce lot de commentateurs, qui n’ont d’autres arguments que l’insulte et la diffamation, il y a aussi des citoyens corrects et raisonnables, appuyant leurs idées d’arguments et d’analyses plutôt que de dérapages discursifs qui auraient facilement tourné à la violence physique caractérisée si l’échange n’était pas virtuel. A l’occasion de la fête de la femme, la question de l’émancipation féminine et du Code du statut personnel constitue le plat favori à la fois des discutants acariâtres et des conversants débonnaires. C’est donc à l’écoute de ces derniers que nous sommes souvent disposés.

Pour l’essentiel, l’interrogation fondamentale porte sur l’une de deux orientations: soit passer outre la spécificité féminine et se passer des instances officielles ou des organisations civiles œuvrant à la prendre pour objet, à coup de budgets faramineux et autres faveurs qui ne feraient que reconduire autrement une perception dévalorisante de la féminité; soit continuer de travailler intensément à réduire toutes les injustices subies par les femmes malgré les textes juridiques gagnés en leur faveur dans la Tunisie indépendante car en pratique, la femme est encore loin de jouir de tous ses droits, quoi qu’en disent les antiféministes et les conservateurs inconditionnels.


Pour ma part, je me sens plus porté à soutenir la seconde option car, civiquement, la femme a encore du chemin à faire pour rehausser son statut au niveau de l’égalité citoyenne, doublée de « l’équité sociale ». En effet, l’équité reste sans doute aléatoire sans l’assurance première et fondamentale de l’égalité comme principe de considération. Dans un tribunal, on ne saurait prétendre à l’équité comme esprit de relativisation des jugements, sans le toit général de la justice, qui justifie l’équité sans tolérer ses dérapages ni ses dépassements.

De là le besoin de ces cadres d’action et de réflexion qui dotent la femme de ses compétences et qui les développent, avec une ouverture sociale aussi large que possible. De ce point de vue, un cadre comme celui du Centre de Recherches, d’Etudes, de Documentation et d’Information sur la Femme (CREDIF) n’est pas à négliger. On devrait plutôt le doter, autant que possible, des moyens d’approfondir sa pensée, d’améliorer son rendement et de varier ses modes d’action, en partenariat avec les secteurs de l’enseignement et de la culture.

Le 12 août 2026, cette intention a été fermement annoncée à l’occasion de l’attribution du Prix national « ZoubeidaB’chir » 2026. Félicitations pour les lauréates! Bonne continuation et bonne chance pour la suite. Heureuse fête des femmes, une fête pour toute la famille, toutes générations confondues, car comme le disait Aragon:« La femme est l’avenir de l’homme ».

Economique Jawhara FM

jmc
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