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Chronique21/08/2026 à 16:16

Du grand tapage autour du Conseil Supérieur de l’éducation

Du grand tapage autour du Conseil Supérieur de l’éducation

Par Mansour M’henni

Un grand tapage contestataire a succédé à l’annonce de la composition du Conseil supérieur de l'éducation et de l'enseignement en Tunisie, une instance constitutionnelle attendue depuis près de quatre années.

Puis, même après l’inauguration officielle de ses travaux par le Président de la République, le 17 août 2026, la polémique autour de ce conseil ne s’est pas totalement apaisée.

S’il est compréhensible que certaines personnes aient des réserves quant
à la nomination de tel ou tel membre, il nous paraît peu raisonnable de pousser le dépit et la contestation jusqu’à la diffamation ou à l’atteinte à la dignité d’autrui juste parce qu’on n’y voit pas la personne idoine pour le poste désigné.
Le pire, c’est que ces réactions sont parfois commandées par des animosités individuelles ou par un sentiment narcissique qui se donne la priorité personnelle à de telles nominations.
D’ailleurs, il s’est avéré que le dénigrement global des membres de ce conseil a écorché la réputation et le grade de certains concitoyens par d’autres concitoyens ignorant leurs compétences et mal informés sur leurs cursus scientifiques et intellectuels.
Cela est injuste et inadéquat dans une société qui aspire à la haute éthique, quelles que soient les insuffisances dont souffriraient ou se plaindraient certains de ses membres. De fait, ce conseil a une fonction consultative ; il est appelé à évaluer ce qui existe et à proposer des solutions de réparation et de progrès, dans une cohérence possible malgré les différences et les divergences.
En outre, un tel conseil ne saurait fonctionner en rupture de ban avec les réactions de l’intelligence collective pour laquelle et par laquelle les projets issus de cette instance doivent être conçus et conduits. Ainsi, ce ne sont pas les personnes qui seraient à contester, car l’intelligence de toute personne reste toujours relative, mais le mode de fonctionnement du conseil en question, en tant que haute instance, en conformité avec le modèle sociétal national, lui-même différemment perçu et souvent violemment réclamé par les différentes orientations politiques en fonction de leurs présupposés idéologiques et parfois du haut degré d’intolérance manifesté face à tout ce qui prend la moindre distance à l’égard de ces présupposés.
Il faut bien reconnaître que ces dernières années, sans doute pas spécialement chez nous, mais chez nous plus qu’ailleurs, il y a une tendance manifeste à dénigrer des tentatives de contribution de nos concitoyens à l’intelligence sociétale et à son impact, national ou international.
Ce n’est pas avec un tel état d’esprit que l’on édifie une nation et qu’on réanime continuellement ses lumières. Ce qu’il faudrait donc c’est plutôt trouver la stratégie idoine pour impliquer tous les concernés dans la dynamique des échanges et des interrogations au programme de ce conseil. Une stratégie de solidarité et de complémentarité citoyennes car les concernés, ce sont tous les citoyens, forcément impliqués d’une manière ou d’une autre dans la nouvelle stratégie éducative recherchée. Et c’est la conversation sereine qui conduit vers le consensus, lui-même sous contrôle en permanence pour les rectifications rapides qui s’imposeraient.
On peut imaginer les difficultés à conduire une telle stratégie et c’est pour cela que la responsabilité est collective, sans mainmise ni autoritarisme que ceux de la raison objective et de la concertation constructive.
Voyons donc fonctionner ce Conseil Supérieur et suivons de près ses démarches et ses objectifs. Nous agirons en conséquence, aussi sereinement et aussi rationnellement que possible !

Economique Jawhara FM

jmc
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